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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:55

 

LA SEMAINE DE SARAH

Du 25 octobre au 31 octobre 2010

Chronique N°5


Lundi : Recherche infructueuse…Depuis plus de trois semaines je suis à la recherche de sponsors pour financer ma préparation physique. Cette recherche s’avère stérile…La crise a vraiment bon dos ! Un seul point positif : Cette quête m’aura permis de découvrir les ascétiques vertus de la patience et de la persévérance.

Alors, pour commencer cette semaine, j’ai voulu revenir un instant sur une question centrale: l’argent fait-il le bonheur? J’ai bien envie de dire sans détour: Bien sûr que oui, comme la plupart des êtres humains sur cette terre.

C’est d’ailleurs pour cela que la plupart d’entre nous côtoyons avec délectation la Française des Jeux et fantasmons naïvement à tout ce que l’on pourrait faire si nous gagnions au Loto… Je dois admettre que parfois je rêve secrètement d’avoir autant de billets sous le matelas que Bill Gate pour mieux vivre le consumérisme de nos sociétés contemporaines.

Mais, en réfléchissant bien, si on pouvait sonder le cœur de ceux à qui il ne reste que de l’argent…Nous répondrions différemment à cette question fatidique. Ma conclusion vaut, si l’on ose dire, son pesant d’or: le pognon ne procure absolument aucun bonheur. A vrai dire, en voyant les lignes de coke de Jean-Luc Delarue et la mine déconfite de Patrice de Maistre, deuxième sébile chez madame Bettencourt, j’aurai presque pu le deviner toute seule.

Mardi : L’entraînement se durcit. Les mises de gant  se précisent, au point de me rappeler sournoisement que boxer n’est pas un jeu…ni même une façon de se changer les idées. C’est un bras-le-corps avec ce que l’on a de plus profond en nous-mêmes…une manière de demeurer en permanence en débat avec soi-même.

J’ai la boxe chevillée au corps au point d’éprouver une sensation grisante qui me porte et me permet d’amortir les chocs de la vie. L’épreuve du combat, seul dans un ring face à un adversaire, endurcit. Mes quinze années de boxe m’ont durement aguerri. Elles m’ont offert des rêves. Des rêves de médailles. C’est pourquoi, je me suis engagée dans un projet sportif que je ne quitterai pas, quelque soit les obstacles et les doutes.

 

Mercredi : 10H00 : les jeunes de l’IMP arrivent à la salle. Leur engouement m’aide à surmonter la fatigue que j’accumule depuis quelques jours. Ils s’ébrouent gaiement à l’idée de commencer leur activité hebdomadaire. Pour la troisième année consécutive, ces jeunes souffrant d’handicap mental viennent s’adonner à la boxe…de quoi me ravir, moi qui suis passionnée et sans doute un brin téméraire.

Ils balaient la salle de leurs yeux fureteurs. La moue souriante, ils fourmillent dans toute la salle pour s’échauffer, gesticulant au rythme des consignes. Ils mettent beaucoup d’ardeur pour effectuer correctement les exercices proposés. D’ailleurs certain font preuve d’une habileté tactique déconcertante. Les assauts sont un moment délicieux à regarder tant les jeunes s’amusent. Ils progressent au fil des séances. En dépit de mon optimiste, les choses se corsent quand à la fin des oppositions, je dois désigner un vainqueur. La défaite est parfois dure à accepter pour certain… mais je reste convaincue qu’elle les aide à grandir !

 

Jeudi : Il règne comme un parfum d’hypocrisie autour de moi. J’ai besoin d’un léger coup de main pour enlever le couteau qu’on m’a planté dans le dos. J’ai l’impression que mon nom est conspué place de la Bastille par des gens un tantinet fallacieux et mesquins. J’ai le sentiment amère que j’ai été immolée symboliquement dans une ambiance d’odieuse vindicte. Le climat de guillotine qui flotte autour de moi me révulse. Je sais bien que les coupeurs de tête ne s’arrêteront pas là et qu’ils ne se contentent pas d’un seul martyr.

Je suis ulcérée de voir la méchanceté gratuite dont certain font preuve…Mais je me rends compte que j’ai le cuir plutôt épais.


Vendredi : j’ouvre ma boite email et j’y découvre un message bien sympathique de Maria Dominguès, la responsable du journal d’Aubervilliers. Elle m’explique qu’en lisant mes chroniques, elle a eu l’idée de me proposer de faire des piges pour Aubermensuel…Mon premier article apparaitra dans le mensuel de Décembre…alors Albertivillariens…surveillé vos boîtes aux lettres !

 

Samedi: Je dois être un  brin doloriste pour décider de faire mes courses le samedi après-midi. Mais, disons que ma vie d’étudiante, de sportive et de salariée ne me laisse guère le choix. Je me sens prête à affronter les parages inconnus des aventures shoping dans les galeries marchandes de Parinor. Le crépitement des gens qui poussent leur caddy à travers les rayons au point de créer des embouteillages, me fatigue. La queue aux caisses est interminable. Au risque de passer pour une geignarde, je me morfonds dans une affliction revancharde, criant au martyre, à l’exécution publique… en espérant sortir enfin de ce magasin.

Mais, j’ai besoin d’une tenue pour la soirée de remise des récompenses de l’Académie des Sports où je vais recevoir une médaille. Rien en vue. Les étalages regorgent de robes minimalistes au look pin up. Peut-être suis-je trop en marge des modes, mais je ne m’imagine pas porter ces robes ultra-courtes inspirées des meilleurs sex-shops de Pigalle.

 

Dimanche : Réveil désastreux. Des bruissements d’eau me réveillent. Il est 7h00 du matin quand une averse s’installe au débotté dans mon salon. La scène est accablante. Des litres d’eau s’écoulent sur ma table basse. Ma voisine du dessus prend sa douche et toutes ses eaux usées cheminent à travers mon plafond en passant par mon lustre. Quel désastre ! Encore une bonne journée en perspective !

 

Sarah Ourahmoune

Par sarah ourahmoune
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